L’Agriculture Biologique en Auvergne-Rhône-Alpes : un paysage qui évolue
Poursuite de la croissance du nombre de fermes bio en Auvergne-Rhône-Alpes
En 2023, la région Auvergne-Rhône-Alpes est toujours la troisième région en nombre d'exploitations agricoles certifiées bio avec 8348 fermes. Elle se situe derrière la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie.
En un an, la région dénombre ainsi 207 fermes supplémentaires, soit une croissance de +2,5%. La progression est plus faible que les années précédentes mais légèrement plus élevée qu’au niveau national : +2,1%. La dynamique est hétérogène selon les départements, avec l’Ardèche et le Puy-de-Dôme qui ont les plus fortes augmentations (+5%), et l’Ain, l’Allier et le Rhône qui voient leur nombre de fermes bio se stabiliser voire diminuer très légèrement.
Les nouveaux engagements en bio sont principalement portés par l’installation via la création ou la reprise d’une ferme (352 fermes ; 66%) ; alors que le nombre de conversions de toute ou partie d’une ferme conventionnelle en AB (33% des nouveaux engagements) continue de diminuer, mais beaucoup plus lentement que les années précédentes. Les filières bio dénombrant le plus de nouveaux engagements sont les mêmes en 2022 et en 2023 : les surfaces fourragères, les légumes, la viticulture et les fruits.
Un peu plus de la moitié (52%) des arrêts enregistrés par l’Agence Bio sont des “décertifications”, c’est-à-dire un arrêt du label AB et une poursuite de l’activité agricole. Le taux de décertification est en hausse en 2023 et atteint 2,3%, c’est-à-dire un maintien de la labellisation bio pour près de 98% des fermes de la région.
Les ¾ des fermes sont certifiées AB à 100% alors que les autres sont mixtes avec aussi des productions dites conventionnelles.
Près de ⅔ des fermes sont engagées en agriculture biologique depuis plus de 5 ans, et 17% depuis moins de 3 ans.
Faible perte de surfaces bio mais maintien de la région dans le classement national
En 2023, la SAU (Surface Agricole Utile) bio s’élève à 310 854 ha soit 10,9% de la SAU régionale (281 193 ha labellisés bio et 29 661 ha en conversion bio).
Malgré une perte de 3628 ha qui ne sont plus certifiés AB (-1,15% de SAU bio), la région Auvergne-Rhône-Alpes conserve sa place en termes de surfaces bio à l’échelle de la France : 3ème région en SAU bio. En part de surface bio (% de SAU bio),elle arrive à la 5ème place.
La région Auvergne-Rhône-Alpes étant un territoire d’élevage, la majeure partie des surfaces labellisées en bio sont des surfaces fourragères (71%, 220 769 ha). Les grandes cultures (16,5%) et la viticulture (4%) arrivent loin derrière en 2ème et 3ème position.
Malgré une baisse, Auvergne-Rhône-Alpes reste toujours n°1 en nombre d’entreprises bio
La région Auvergne-Rhône-Alpes est toujours la première région en nombre d’entreprises de l’aval certifiés bio avec 3554 opérateurs. Néanmoins, elle connaît une baisse du nombre d’entreprises certifiées depuis 2021 (-4% par rapport à 2022). En effet, le nombre d’entreprises de l’aval qui ont arrêté le bio ou arrêté leur activité continue d’augmenter en 2023.
Quelques entreprises qui arrêtent la certification bio
Parmi les entreprises qui arrêtent, 57% ont arrêté uniquement la certification bio, et 28% ont totalement cessé leur activité. Les boulangeries représentent quasiment la moitié des transformateurs qui arrêtent la certification bio, certainement pour des raisons économiques. Il semblerait néanmoins que beaucoup de boulangers continuent d’utiliser de la farine bio sans pour autant être certifiée.
Par ailleurs, ce sont surtout les entreprises récentes qui ont dû faire le choix d’arrêter la certification : 70% des transformateurs qui ont arrêté le bio ou cessé leur activité en 2023 étaient des entreprises ayant démarré le bio il y a moins de 5 ans.
Le tissu productif de préparation d’alimentation biologique est donc en baisse malgré des nouveaux opérateurs qui se certifient en bio.
L’offre bio en baisse, mais toujours un nombre important de magasins bio en région
Du côté de la distribution, les magasins bio connaissent une baisse de fréquentation et de panier moyen depuis ces 2 dernières années, ce qui a fragilisé le réseau de magasins : 42 magasins bio ont fermé en Auvergne-Rhône-Alpes en 2023 (Source: Biolinéaire), mais la région reste bien équipée avec 463 magasins spécialisés. Avec la disparition du bio chez certains grossistes et détaillants, l’offre existante se voit diminuer et ne favorise donc pas la consommation de produits bio.
Le label bio reste un label de choix pour l’agro-alimentaire
Malgré ce contexte, le bio reste un label de choix pour les entrepreneurs de la filière agro-alimentaire, puisque 90% des entreprises bio ont conservé la certification et on dénombre 167 nouvelles entreprises engagées en agriculture biologique en 2023 en Auvergne-Rhône-Alpes. Le Rhône est le département avec le plus de nouvelles certifications bio. L’Isère connaît également une belle dynamique de certification avec 15% de ces nouvelles entreprises bio.
Nombre de nouvelles entreprises de l’aval certifiées bio en 2023 par département (Source: Agence Bio)
Nombreuses de ces entreprises ont une activité de fabrication de boissons (caves, brasseries, distilleries, conditionnement de thés et tisanes, boissons diverses), et on dénombre environ 30 nouvelles boulangeries et pâtisseries bio. 58% de ces nouvelles entreprises certifiées bio sont 100% engagées en Agriculture Biologique.
Un début 2024 encourageant pour la vente de produits biologiques
Dans l’enquête du Cluster Bio auprès des entreprises bio de l’aval, un tiers observe que les ventes repartent à la hausse les premiers mois de 2024 et un quart identifient un léger sursaut. Elles sont en revanche 11% à dire que les ventes empirent encore, et cela concerne plutôt les petites entreprises.
Le marché des produits bio a évolué ces dernières années. En 2023, les entreprises régionales ont continué d’observer une baisse des ventes en magasin bio, mais observent des augmentations en RHF et sur le E-Commerce.
Le chiffre d'affaires 2023 des entreprises bio repart progressivement à la hausse, mais les coûts de production sont en augmentation également : les entreprises estiment en moyenne une hausse de +10%. L’énergie, les matières premières puis les emballages sont cités comme les hausses les plus importantes.
Pour 2024, 60% des entreprises qui ont répondu à l’enquête du Cluster Bio sont confiantes, car elles pensent être sur une situation stable permettant la croissance, 30% ont adapté leur entreprise et pensent que “ça devrait passer”. En revanche, 11% des répondants sont très critiques car l’entreprise est en difficulté.
Une consommation de produits bio en baisse, mais le bio reste très engagé pour le local.
En Auvergne-Rhône-Alpes, comme au niveau national, on observe en 2023 une consommation de produits bio qui décroît. Les consommateurs sont moins attentifs aux labels de manière générale, et on remarque un fléchissement des motivations à consommer bio en lien avec la santé et l’environnement (-4pts pour la santé et -6 pts pour l’environnement vs 2022) (Baromètre consommateur Agence bio). La spécificité d’Auvergne-Rhône-Alpes est d’avoir des circuits courts très développés, ce qui permet aux habitants de privilégier davantage les achats de produits locaux que dans d’autres régions. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles ils n’achètent pas plus souvent de produits bio dans notre région. Néanmoins, cette opposition n’a pas lieu d’être car l’offre bio locale est dense et 62% des producteurs bio vendent en circuit court en Auvergne-Rhône-Alpes (contre 25% en conventionnel). Il est bien de rappeler aussi que 82% des légumes bio et 99% des produits laitiers bio consommés en France sont d’origine France.
Le bio et le local doivent donc être indissociables. L’enquête du Cluster Bio montre qu’un tiers des entreprises bio répondantes souhaitent développer un label d’ancrage local pour répondre aux attentes consommateurs (ex : Ma Région Ses Terroirs, Goûtez l’Ardèche, etc.), et 19% souhaitent développer le commerce équitable. Malgré le contexte d’inflation, les entreprises souhaitent donc maintenir la part de l’origine France dans les matières premières et même l’augmenter pour plus de la moitié des entreprises.
Le réseau des GAB-FRAB Auvergne-Rhône-Alpes et le Cluster Bio Auvergne-Rhône-Alpes accompagnent les filières biologiques de l’amont à l’aval, et les acteurs de la région dans leurs difficultés et leurs projets.
Contacts :
FRAB et GAB de AuRA : www.aurabio.org
Cluster Bio :www.cluster-bio.com
Nous sommes présents sur LinkedIn, Facebook et Youtube.
Article rédigé dans le cadre de l’Observatoire Régional de l’Agriculture Biologique, avec le soutien financier du Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.
[Repères méthodologiques pour des filières PPAM Bio françaises]
Depuis plus de 10 ans, le nombre d’exploitations et les surfaces cultivées en PPAM bio ne cessent d’augmenter. En 2022, les surfaces cultivées en PPAM bio s’élèvent à 17 151 ha (dont 4 981 ha en conversion) soit 26 % des surfaces nationales de la filière (Agence BIO).
La structuration de filières PPAM Bio vient répondre à des enjeux importants tant pour les producteurs à la recherche de nouveaux débouchés que pour les acteurs de l’aval cherchant à relocaliser leurs approvisionnements pour répondre aux demandes de leurs clients envers des PPAM bio, françaises et de qualité.
A toutes celles et ceux, conseillers et animateurs de filière PPAM bio, producteurs de PPAM bio et leurs groupements, acteurs et acheteurs de l’aval, nous vous conseillons, le tout nouveau guide réalisé par le réseau Fédération Nationale d'Agriculture Biologique (FNAB) dont nous faisons partie et auquel nous avons contribué.
Vous y trouverez des repères méthodologiques, des leviers et des freins ainsi que des retours d’expérience pour se lancer dans des démarches de structuration et de développement de filières PPAM Bio.
Nos retours d’expérience sur le terrain témoignent d’un chemin parfois long. Les étapes préalables d’interconnaissance et d’alignement sont essentielles. Le guide démontre bien que l’envie de faire ensemble, peut dynamiser des collectifs de producteurs et d’acheteurs de PPAM bio.
Dans les retours d’expérience, nous vous invitons à regarder plus particulièrement, les exemples réussis de PAM Ardèche et du GIE PAM Alpines dans la Drôme.
Consulter le guide ici
Pour en savoir + sur ce projet Produire Bio
Paris, 05/02/2021. Alors que commencent les tractations pour la prochaine politique agricole commune, qui dureront six mois, nous sommes bien loin des objectifs fixés lors des Etats Généraux de l’alimentation par le chef de l’Etat de 9% de surfaces agricoles biologiques au lieu des 15% annoncés pour 2022 et de 4,5% de produits biologiques en restauration collective au lieu des 20% promis.
Vous souhaitez déposer une annonce BIO
vous souhaitez visualiser une annonce BIO de votre département, de votre région ou plus
Accédez à toutes les fonctionnalités du site sur www.agribiolien.fr
Première inscription requise pour ensuite naviguer librement sur la plateforme.
Possibilité de créer des alertes pour connaître l'arrivée des nouvelles annonces correspondant à vos critères.
Pour les agriculteurs-rices bio non adhérents, ou pour les non-agriculteurs, il est possible également d'accéder à la plateforme, mais toutes les fonctionnalités ne sont pas disponibles (voir les conditions d'accès >>ICI<<)
Enquête sur les variétés de pommes commercialisées en circuits courts
La FRABAura participe au projet PEPIT DECICO (Développement des Circuits Courts via l'étude variétale de pommiers), piloté par le verger expérimental de Poisy (Haute Savoie) et en lien avec l'ARDAB et l'ADABIO.
Pour faire évoluer la sélection de variétés de pommes adaptées à la commercialisation en circuits courts et répondre à vos demandes, nous avons besoin de votre aide!
Merci de répondre à cette enquête, cela vous prendra une dizaine de minute, pour renseigner les variétés de pommes que vous commercialisez en circuits-courts et vos critères de choix pour des sélections futures.